Patrimoine immatériel

Aujourd’hui, la population se mobilise pour perpétuer et partager des savoir-faire ancestraux, mais également pour soutenir la création contemporaine. Puisant l’inspiration dans son patrimoine, la cité souhaite transmettre à travers l’artisanat et l’art, une histoire de plusieurs siècles.

La poétesse Angèle Vannier :

Née en 1917 à Saint-Servan, près de Saint Malo, Angèle Vannier grandit à Bazouges. A vingt ans, devenue aveugle, elle arrête ses études de pharmacie et se tourne vers la poésie. Dans son recueil Le sang des nuits publié en 1966, elle écrit « j’ai pris la nuit comme un bateau prend la mer ». Elle se fait connaître notamment grâce au Chevalier de Paris, chanté par Édith Piaf en 1950.

La poétesse vit dans une maison à Bazouges du début du XX siècle, de 1973 à 1980, année de sa disparition. Elle est enterrée au cimetière de la commune. En hommage à cette artiste, la bibliothèque municipale de Bazouges la pérouse porte son nom.


Adèle Denys et le Gallo :

Adèle Denys était née, comme elle disait, « dans l’autre siècle », le 24 octobre 1899 au village de la Poidevinière, à Bazouges-la-Pérouse.

Elle a traversé le XXe de bout en bout, sans quasiment avoir quitté Bazouges, Cultivée et lettrée, elle avait entrepris des études à Rennes, interrompues par la guerre de 14/18. Elle se sentait aussi attirée par la modernité. En 1929, elle fut une des deux premières femmes de la région à avoir son permis de conduire.

Douée d’une étonnante mémoire, elle fut un témoin exceptionnel du siècle dernier en pays gallo. Formidable conteuse, elle commença par créer des pièces de théâtre en gallo qu’elle faisait jouer par des troupes de jeunes bazougeais. Elle écrivit des chroniques et devient célèbre presque du jour au lendemain grâce au livre « Mémoires d’une centenaire ». Un succès complètement inattendu pour ce livre bilingue écrit en gallo et en français et qui n’avait été édité que pour lui rendre hommage et lui faire plaisir. Le livre devint rapidement un vrai succès. Devenu une référence pour les défenseurs de la langue de Haute-Bretagne pour sa richesse de vocabulaire, le livre devint rapidement un vrai succès de librairie. 8 000 exemplaires furent vendus en quelques mois dans tout l’Ouest. Elle publiera un second livre, Carnets d‘une centenaire, un an et demi plus tard. Adèle qui aimait répéter « On ne s’attend jamais à vivre si longtemps…..pourtant cela m’a paru bien court », s’éteindra paisiblement en janvier 2002 à l’âge de 102 ans..

Vidéo les cantouses de Bazouges la Pérouse


La fabrication du pommé :

Chaque automne la commune de Bazouges-la-Pérouse perpétue une tradition qui date du 19ème siècle et prépare le Pommé le troisième week-end du mois d’octobre, la Fête du pommé .

Spécialité propre au pays gallo, le Pommé ressemble à une confiture réalisée à partir d’un mélange de pommes brassés dans un jus de pomme fraîchement pressé. Bien qu’il soit exclusivement préparé avec de la pomme, le pommé a parfois un goût de caramel au léger parfum de pruneau.

Organisées autrefois de fermes en fermes, les « ramaougeries » rassemblaient familles et voisins pour des veillées festives qui duraient jusqu’à l’aube. Chants et danses accompagnaient alors le long travail des ramaougeurs .

La fabrication du pommé se réalise en plusieurs étapes : le pelage de dizaine de kilos de pommes coupées en quartiers, la réalisation du jus de pomme fraîchement pressé est porté à ébullition dans de grandes bassines en cuivres (la pêle en gallo). Puis les pommes sont progressivement versées tout au long de la nuit et ramaougées (remuées) en continu à l’aide d’une grande cuillère en bois (le ribot). La cuisson demande une grande vigilance pour ne pas laisser le fond du mélange brûler.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pommé remplaçait le beurre sur les tartines de pain sous le vocable de « beurre des pauvres ».

C’est aujourd’hui une gourmandise typique du terroir à déguster sans modération !

https://www.tourisme-marchesdebretagne.com/fete-du-pomme-bazouges-la-perouse/


Le Village, centre d’expérimentations artistiques :

L’association Le Village fédèrent les Bazougeais autour de la création depuis 1994. Une restructuration a permis de recentrer les objectifs généraux du projet vers une politique culturelle favorisant l’innovation artistique, le but étant de faire de Bazouges la pérouse un espace de propositions et de réflexions autour de pratiques artistiques et culturelles contemporaines, un lieu d’expérimentation, de création et de médiation autour d’une programmation annuelle d’expositions mais aussi de résidences d’artistes et d’actions culturelles.

Le Village propose des expositions d’œuvres contemporaines au sein de trois galeries réparties dans la ville. Il a également mis en place un parcours permettant de découvrir des différentes œuvres visibles dans les rues de la cité.